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Air Lorraine - Actualités

Pollution atmosphérique : ce qui se cache derrière les pics

La région Grand Est, et plus globalement la France, viennent de traverser une longue période de pics de pollution atmosphérique. Mais derrière ces épisodes fortement médiatisés, l’essentiel demeure la pollution de fond. Explications.

 

En décembre 2016 et janvier 2017, la région Grand Est a connu de longs épisodes de pollutions aux poussières PM10. Ci-dessous, un tableau récapitulatifs pour le mois de janvier.

 

Un épisode de pollution: des seuils et des depassements

Un épisode de pollution correspond au dépassement d'un seuil réglementaire fixé par rapport aux concentrations d'un polluant.

Ces seuils sont fixés au niveau européen, puis déclinés ensuite dans chaque état membre avant de faire l'objet d'arrêtés préfectoraux dans chaque département.
Ainsi, pour les particules PM10, deux seuils ont été fixés :

-Un seuil d'information et de recommandation ;
-Un seuil d'alerte.

 

La procédure d'information et de recommandation correspond à un risque pour les personnes sensibles.

La procédure d'information et d'alerte s'applique quand le risque concerne tout le monde.

A chaque fois, une procédure est assortie de recommandations et les pouvoirs publics ont la possibilité de prendre des mesures supplémentaires visant à réduire les émissions qui sont en cause. On a ainsi vu tout récemment des collectivités promouvoir l'usage de transports collectifs ou mettre en place la circulation alternée.

 

Les épisodes de pollutions de décembre 2016 et janvier 2017: pourquoi ?

Ces épisodes, pour ce qui concerne la région Grand Est, ont trois explications majeures : les émissions de polluants locales, les conditions anticycloniques et le froid.

En effet, les analyses réalisés par ATMO Grand Est au cours de ces quelques semaines confirment l'influence de sources locales, comme le trafic routier et le chauffage au boisL'absence de vent et de précipiation ont conduit à une forte stagnation de ces polluants. En effet, toute l'Europe a été soumise à des conditions anticycloniques très exceptionnelles, avec des pressions anormalement basses (jusqu'à 12hPa dans le Nord de la France en décembre).

Il faut ajouter à cela le phénomène dit d'inversion thermiqueEn effet, quand les températures sont basses, le sol refroidit et les masses d'airs s'alourdissent à son contact. Cela conduit naturellement à une sorte d'effet couvercle. 

On le voit, la conjonction de différents facteurs ont favorisé des épisodes exceptionnellement longs. 

 

La pollution de fond: plus discrète mais constante

Les seuils fixés par les autorités sont établis en fonction des effets sanitaires des polluants. Ces moments de pics de pollution, très exposés médiatiquement, correspondent donc à des situations de tension aigue au niveau de la qualité atmosphérique et doivent naturellement être pris très au sérieux.

Toutefois, le problème majeur au point de vue de la pollution de l'air ambiant reste la pollution de fond. Nous y sommes peut-être moins attentifs, mais c'est cette pollution-là, quotidienne, qui a les impacts les plus importants, même si elle reste en deçà de ces seuils d'alarme.

 

Par exemple, si l'on s'en tient aux données relevées par quatre stations d'ATMO Grand Est, les concentrations moyennes annuelles en PM10 pour l'année 2016 étaient les suivantes:

 -Agglomération de Metz Est (Borny): 19 µg/m;

-Agglomération Nancy -Centre (Charles III): 18 µg/m3;

-Agglomération de Forbach-Nord (Schoeneck): 17 µg/m3;

-Agglomération d'Epinal-Centre : 14 µg/m3.

L'exposition des populations à cette pollution de fond, moins spectaculaire mais constante, n'est évidemment pas sans incidence sanitaire. 

En effet, les PM10 sont des particules de petites tailles résultant soit de processus de combustion (industrie, transport, chauffage, etc.), soit de mécanismes chimiques à partir de particules primaires présentes dans l'atmosphère, en l'occurrence des interactions entre ammoniac et oxydes d'azotes. Lorsqu'elles sont d'un diamètre inférieur à 10 µm, elles peuvent pénétrer plus profondément dans l'appareil respiratoire. Le rôle des particules en suspension a été montré dans certaines atteintes fonctionnelles respiratoires, le déclenchement de crises d'asthme et la hausse du nombre de décès pour cause cardio-vasculaire ou respiratoire, notamment chez les personnes les plus sensibles.

 

Que faire : économiser l'énergie

Pour lutter contre la pollution, il importe donc d'être mobilisé en dehors des pics de pollutions, en agissant justement sur les émissions chroniques. C'est ce que font par exemple, les collectivités avec les Plans Climat Air Energie Territoriaux (PCAET). 

Ainsi, Nancy Métropole a mis en place des Certificat Economie Energie, en lien avec l'ADEME, de manière à encourager la rénovation énergétique via un dispositif d'aides. A chaque fois qu'une habitation consomme moins d'énergie, elle émet également moins de polluants. 1400 dossiers ont ainsi été traités. En définitive, cette mesure a permis une diminution de 1,4% des émissions de PM10. 

La transformation d'une flotte de bus urbain qui passe du diesel au Gaz Naturel de Ville s'est également avérée très positive. 

 

Par ailleurs, les citoyens peuvent également émettre moins de polluants en adoptant des habitudes vertueuses : se déplacer à vélo, éteindre les lumières, consommer local. La consommation d'énergie est la première des sources de pollution.

A chaque fois qu'on veille à faire des économies à cet égard, on se donne également la possibilité de respirer un air de meilleure qualité.